Un groupe de 25 agriculteurs issus des trois communes du Pays des 4 bras se réunissent régulièrement depuis un an dans le but d’évoluer ensemble.
Les agriculteurs sont unanimes : on continue ! Ces agriculteurs issus des trois communes des « 4 bras » : Genappe, Villers-la-Ville et Les-Bons-Villers se réunissaient régulièrement depuis un an dans le but d’évoluer ensemble. Ce projet des « GALopains » a pu voir le jour grâce à un Groupe d’Action Locale (GAL). Il s’agit d’une dynamique portée parplusieurs partenaires locaux pour agir collectivement face aux défis d’un territoire rural. Les GAL sont soutenus par des fonds européens pour mettre en œuvre des projets de développement durable émanant de propositions de citoyens et d’acteurs locaux. On dénombre 21 GAL en Wallonie et plus de 2000 en Europe.
Trois préoccupations principales
Pour les GALopains, cette première année était un test. Chacun s’était engagé pour un an. Au total ce ne sont pas moins de neuf rendez-vous qui ont réuni cette vingtaine d’agriculteurs autour de thématiques qu’ils avaient choisies ensemble en début de cycle. Leurs trois principales préoccupations : mieux comprendre et améliorer nos sols, trouver de nouveaux débouchés pour mieux valoriser nos cultures, s’entraider et partager nos connaissances.
Une animatrice du GAL, Johanne Dupuis, a commencé par prendre son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des agriculteurs du territoire et mieux comprendre leurs préoccupations. Elle le confirme : « Cette étape a permis de prendre conscience qu’il y a une réelle envie des agriculteurs de se réunir et d’avancer ensemble pour affronter les défis multiples qui s’imposent à eux : climat, environnement, règlementations, accès à la terre, transmission des fermes, marchés mondialisés et incertains,… ». Elle a ensuite pu se faire épauler par une agronome indépendante, Frédérique Hupin, spécialiste de l’animation de groupe et des questions liées au sol. Cette dernière est aussi journaliste agricole.
Les rendez-vous s’organisaient dans les fermes des uns et des autres à tour de rôle. En soirée pour traiter de sujets en profondeur, en journée pour aller observer les champs, les sols, les cultures et les couverts.
La première réunion a permis de mieux cerner les envies. L’agriculteur Hugues Sneessens les résume : « on est là pour partager nos expériences, nos savoirs et savoirs-faires agronomiques, économiques. Sans jugement. Entre bio et non bio. Pour parler de ce qui marche, de ce qui ne marche pas, et pourquoi. Pour être indépendants et autonomes dans nos choix et décisions. »
Yves Van Nieuwenhuyse poursuit : « je viens pour créer du lien entre voisins, se connaître entre agriculteurs ; ensemble, c’est plus motivant ».
Et François-Xavier Bodart complète « on a aussi envie de créer du lien avec les citoyens, le politique. En groupe, on a plus de poids que seul, pour se représenter, faire force de proposition. »
Les rendez-vous se sont ensuite enchaînés avec des tests de stabilité sur des mottes de sol (slake-test), des diagnostics IQSW (indice de qualité des sols wallons) et un partage autour des résultats de leurs analyses de sol.
« Il y a déjà beaucoup de connaissances au sein des agriculteurs quand on les met en commun »
Frédérique Hupin explique sa méthode : « le réflexe en agriculture est d’écouter les prescripteurs, les experts mais il y a déjà beaucoup de connaissances au sein des agriculteurs quand on les met en commun. Je préfère que l’on se voie d’abord entre nous pour aller le plus loin possible dans la compréhension des choses et si besoin on fait appel à un expert. » Une soirée de questions / réponses a également été organisée avec la responsable du laboratoire d’analyse de la province du Brabant wallon, Malorie Renneson, pour élucider les derniers mystères des analyses de sol.
Ce fut ensuite au tour des couverts végétaux de monter en scène. Les agriculteurs ont alors comparé les différents mélanges semés et à la fin de la culture, des pesées ont été réalisées pour estimer les engrais naturels apportés par ces cultures qui ne seront pas récoltées mais qui nourriront le sol.
De nouvelles aventures attendent encore les GALopains : des visites d’agriculteurs inspirants, de la mise en commun de machines agricoles, des tours de plaine, des partages de chiffres, … Et pour les nouveaux débouchés, une petite nouveauté se met en place dans leurs champs. Affaire à suivre.
Article publié dans L’Avenir Brabant-wallon du 9 avril 2026


