L’épuration des eaux progresse dans l’Est du BW

La station d’épuration de Ramillies a été inaugurée. Elle est la première en Brabant wallon à fonctionner avec le procédé épuratoire des biodisques.

Même si le taux d’équipement en stations d’épuration des eaux usées en Brabant wallon atteint les 98 % avec 41 stations en service, quelques points noirs où les eaux usées ne sont pas encore traitées persistent dans l’Est du Brabant wallon. Une dizaine de petites stations sont attendues prochainement, celle d’Autre-Eglise ouvrait le feu vendredi dernier. Une cinquantaine de personnes étaient présentes sur le site de la nouvelle station d’épuration pour son inauguration. D’une capacité de 1.100 équivalents-habitants, elle est la première en Brabant wallon à fonctionner à l’aide du procédé épuratoire des biodisques. « Ce sont des supports rotatifs munis d’alvéoles dans lesquelles les bactéries épuratrices vont se développer » explique Pierre Leuris, directeur du département « Assainissement » d’in BW. Dans les stations d’épuration classiques, dites « à boues activées », les bactéries épuratrices entrent en contact avec les eaux à épurer dans de grands bassins qui sont oxygénés, ce qui engendre des coûts énergétiques non négligeables. Ici, les biodisques, supports des bactéries épuratrices, sont en partie immergés et en rotation sur leur axe. Les bactéries sont ainsi alternativement en contact avec l’eau à épurer ou avec l’oxygène de l’air nécessaire à leur vie. Ces dispositifs sont particulièrement adaptés pour les zones rurales où les eaux à épurer sont très diluées (car mélangées à de grands volumes d’eaux pluviales). Le procédé d’épuration par biodisques est une technique qui consomme trois fois moins d’énergie que le procédé habituel par boues activées.

Les biodisques sont des supports rotatifs munis d’alvéoles dans lesquelles les bactéries épuratrices vont se développer.

L’épuration se termine grâce à des filtres plantés de roseaux. Les boues composées des bactéries mortes peuvent s’y décanter. L’azote et le phosphore contenus dans les eaux usées sont captés par les roseaux pour leur croissance. Ce procédé demande davantage d’espace, mais est favorable à la biodiversité et s’intègre dans le paysage. C’est la troisième fois qu’il est utilisé en Brabant wallon après les stations d’épuration de Bois-Seigneur-Isaac et Pinchart. A quand les premières grenouilles ?

Grâce à ces nouvelles installations, ce sont trois affluents de la Petite Gette qui lui déverseront désormais des eaux épurées : les ruisseaux de la Frambée, le Ry des Corrées et le Fagneton. « Les habitants de Orp-Jauche peuvent être contents, nous leur envoyons désormais de l’eau propre » sourit Jean-Jacques Mathy, bourgmestre de Ramillies. La suite pour 2026 sera opérée sur Orp-Jauche où d’autres stations d’épuration par biodisques ou filtres de roseaux sont en cours de construction sur Noduwez et Jandrenouille.

La présence (en personne) du ministre de l’Environnement, Yves Coppieters, n’était pas sans lien avec la situation du captage de Mont-Saint-André à Ramillies. Le ministre a rappelé l’audition du 17 juillet 2025 au Parlement où les autorités publiques avaient annoncé que des valeurs préoccupantes de disphényl-chloridazon avaient été détectées dans l’eau. Ce produit est un métabolite issu de la décomposition du chloridazon, un herbicide utilisé pour désherber les betteraves et interdit depuis 2021. « L’origine du symptôme est donc supprimée, mais j’insiste : la meilleure eau potable est celle qui est protégée à la source » conclut le ministre.

Cet article a été publié dans le journal L’Avenir du 08/12/2025