Une jeune agricultrice qui progresse

Alexandra Mataigne a repris la ferme de son père à Corbais suite à son décès inopiné il y a dix ans, alors qu’elle ne se destinait pas à ce métier.

C’était en 2015, le papa d’Alexandra Mataigne, âgée de 20 ans alors et habitant avec sa mère à Villers-la-Ville, décède. « Je ne me sens pas « fille de ferme » comme on dit dans le monde agricole » avoue Alexandra, rayonnante au milieu d’un champ de betterave qu’elle est occupée à désherber sous un soleil de plomb, rasette à la main. Et la jeune blonde de poursuivre : « j’adore la nature, je me fie à mon feeling et à l’énergie que les personnes que je rencontre dégagent. Fille unique de mon père, j’ai relevé le défi de poursuivre une partie de son activité, en ce qui concerne nos propres terres. Avec Mathieu Courtens, qui travaillait déjà pour mon père, on est allé voir des fermes en France pour échanger et apprendre. On a aussi beaucoup observé nos champs. C’est à ce moment là que j’ai commencé à aimer mon métier. Claude Henricot est notre voisin. Sa vision de l’agriculture fut pour nous une source d’inspiration. On voit ce qu’il fait, il donne des conférences. C’est précieux que des agriculteurs plus âgés échangent avec les jeunes et leur fassent profiter de leur expérience.

On progresse pas à pas. On a fait évoluer notre parc machine, en achetant par exemple un déchaumeur à disques. Mon rêve serait d’avoir un semoir à disques pour semer des gros couverts végétaux multi-espèces. On en implante déjà qui couvrent le sol d’août à mars, soit huit mois ! C’est presqu’une jachère. Côté produits phytos, je n’ai pas envie de passer au bio mais je veux raisonner les apports. On va beaucoup observer nos champs nous-mêmes pour voir s’il faut les traiter. Côté labour, ça dépend. Quand je peux, en fonction de la météo, je m’en passe. L’agriculture, ce n’est pas facile. On ne peut pas avoir un discours blanc ou noir. »

Alexandra et Mathieu aiment faire évoluer la ferme vers une agriculture qui conserve les sols. « Quand on y a goûté, on ne peut plus s’en passer ».

Article publié dans L’Avenir Brabant-wallon du 11/08/2025