Jacques Anciaux cultive à Héron, un village situé à 15 km à l’Est de Eghezée.
En 2002 Jacques Anciaux et quatre autres agriculteurs (dont Bernard Mehauden, agriculteur à Hannut) se sont regroupés afin de mettre en commun leurs machines agricoles. Ils ont créé une Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA). Un des autres membres pratique comme lui l’agriculture de conservation des sols, les trois autres pas. Concernant la réalisation des travaux, chacun a sa spécialité et travaille chez ses associés. Comme le dit son associé qui est également son beau-frère : « le temps que l’on gagne à être plus efficace en travaillant ensemble est gagné pour tout le monde ».
Tout le matériel est mis en commun dans la CUMA :
– un semoir à disques pour les betteraves et les chicorées ;
– un déchaumeur à disques pour incorporer les chaumes de céréales au sol ;
– un ensemble composé d’un décompacteur (une poutre métallique équipée de quelques dents pour le travail du sol en profondeur) suivie par une herse rotative et un semoir à disques pour semer les céréales, le lin et les couverts végétaux ;
– un extirpateur, un déchaumeur à dents, une bineuse, un pulvérisateur, une moissonneuse, des tracteurs, des bennes, ….
« Je voudrais me passer du décompacteur qui fait des ondulations dans le sol. Je préférerais un fissurateur : une dent fine sans ailettes latérales. Je rêve aussi de fabriquer un semoir à dents. On a testé un Aitchison mais son inconvénient est que la dent est fixe. Donc si on a un dénivelé dans le sol, du par exemple au passage d’une roue de tracteur, la dent ne place pas la graine à la bonne profondeur. L’idéal est que la dent soit équipée d’un ressort et soutenue par une roue. On enfonce suffisamment bas l’outil pour exercer une pression sur chaque dent et c’est la roue qui détermine la profondeur de la dent en suivant les dénivelés du sol. Il y a aussi les semoirs à disques plutôt qu’à dents, mais pour semer dans des résidus de pailles ça ne fonctionne pas bien car si le disque passe sur une paille, il la plie et dépose la graine sur la tige. Sans contact avec la terre, elle ne germera pas ».
Jacques Anciaux adore fabriquer des machines. « Avoir un atelier de mécanique plutôt qu’être agriculteur m’aurait convenu aussi ». Sur le semoir à betteraves de la CUMA, il a intégré un châssis avec des tubes qui permettent d’incorporer l’azote à côté de la ligne en même temps que le semis (betterave, maïs, chicorée). Plutôt que d’épandre l’azote avant le semis sur toute la parcelle et de l’incorporer au sol, il est placé à 5 centimètres de profondeur, à 7 centimètres de la ligne de semis. Ça permet de mettre 30% d’engrais en moins.

